Choisir un écran cuisine quand on n’en a jamais utilisé, ce n’est pas évident. Votre métier, c’est la restauration, pas l’informatique. Et là, on vous parle d’API, de KDS, d’intégrations et de flux de commandes.
C’est normal de ne pas savoir par où commencer. Les sites des éditeurs ne vous aident pas beaucoup : ils promettent tous la même chose, simple, intuitif, connecté. Difficile de faire la différence entre deux solutions quand on n’a jamais vu ni l’une ni l’autre tourner un vendredi soir.
Bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin d’être technique pour bien choisir. Vous avez besoin de savoir quoi demander. C’est exactement ce que vous trouverez ici : les questions à poser, dans l’ordre, et ce qu’une bonne réponse doit contenir.
Nous avons eu des centaines de restaurateurs au téléphone, tous à la recherche d’outils digitaux. C’est grâce à eux qu’on a pu écrire ce guide : simple, pratique, et vraiment utile pour trouver le bon outil de production pour votre restaurant.
📄 Notre fiche à remplir, offerte. « Mon cahier des charges écran cuisine » : 10 sections de questions concrètes pour identifier vos besoins avant de comparer les solutions. Laissez juste votre e-mail, on vous l’envoie.
Écrivez d’abord votre cahier des charges
Un cahier des charges, ce n’est pas forcément vingt pages ultra techniques… Une page suffit. Au moins, vous comparez les solutions sur vos besoins, et pas uniquement sur leurs arguments de vente et votre intuition.
Cinq questions à trancher avant le premier appel :
- D’où viennent vos commandes ? Caisse, bornes, site de click & collect, Uber Eats, Deliveroo, commandes par téléphone… Notez tous les canaux de prise de commande, et pensez aussi au futur ! Peut-être qu’aujourd’hui vous n’avez pas de bornes, mais que dans 2 ans ce sera le cas.
- Comment votre cuisine est-elle organisée ? Combien de postes de préparation avez-vous ? Avez-vous une grande ou une petite cuisine ? Une cuisine avec un seul cuisinier n’a pas les mêmes besoins qu’une cuisine avec un grill, une friteuse, un poste froid et un dressage ou une mise en sac. À travers cette question, imaginez un process simple pour schématiser les différentes étapes que peut avoir une commande, entre le moment où elle arrive et le moment où elle est récupérée par le client. Et surtout, écrivez qui fait quoi, et de quelles informations chaque poste a besoin pour être organisé au mieux.
- Quel type de restauration faites-vous ? Quelles difficultés peut-elle comporter en production ? Restauration rapide dans une grande ville où tout doit aller très vite, service à table avec des suites, livraison, retrait… ou un peu de tout. À chaque service et à chaque type de restauration son challenge !
- À quoi ressemble votre pire service ? C’est lui qu’il faut imaginer. Combien de commandes en même temps, pour combien de personnes en préparation ? Où sont les tâches chronophages, sans valeur ajoutée, qui font perdre un temps précieux ? N’hésitez pas à interroger vos équipes en cuisine : parfois, un simple manque de lisibilité sur un ticket suffit à ralentir un service.
- Qui va utiliser l’écran ? Une équipe stable ou beaucoup d’extras et de saisonniers ? Plus l’équipe tourne, plus l’outil doit se comprendre en quelques minutes. Il arrive aussi, chez certains de nos clients, que les personnes en cuisine ne parlent pas français. C’est une donnée à prendre en compte.
Ajoutez votre budget et la date à laquelle vous voulez que ça soit en place. Voilà votre cahier des charges. Vous pouvez vous en servir pour challenger les éditeurs et être précis sur votre demande. Ils y répondront point par point.
📄 On vous a préparé la trame. Notre fiche « Mon cahier des charges écran cuisine » reprend ces questions et va plus loin : vos canaux de commande, vos postes, le parcours d’une commande chez vous, votre pire service, votre équipe, votre matériel, votre budget, les questions à poser aux éditeurs et une grille de comparaison. 30 minutes, hors service, avec votre équipe de cuisine. Laissez-nous votre e-mail, on vous l’envoie tout de suite. Rien d’autre ne vous sera demandé.
KDS inclus dans la caisse ou solution spécialisée ?
C’est la question qu’on nous pose le plus souvent. Beaucoup d’éditeurs de caisse proposent aujourd’hui leur propre écran cuisine, en option ou dans un pack « clé en main ». L’argument est séduisant : un seul fournisseur, un seul contrat, un seul numéro à appeler.
Ce choix a du sens dans certains cas. Si votre cuisine est simple, avec un seul poste, peu de canaux de commande et une carte courte, le KDS de votre caisse peut suffire.
Dès que la cuisine se complique, nous pensons qu’il vaut mieux choisir chaque outil pour ce qu’il fait de mieux. Et on l’assume : c’est un parti pris. Voici pourquoi.
- Ce n’est pas le même métier. Une caisse est faite pour encaisser, gérer la TVA, les moyens de paiement et la comptabilité. Un écran cuisine est fait pour organiser la production. Chez un éditeur de caisse, le KDS est souvent un module parmi d’autres, qui évolue au rythme des priorités de la caisse.
- Vous gardez votre liberté. Le jour où vous voulez changer de caisse, vous ne cassez pas l’organisation de votre cuisine. Et l’inverse est vrai aussi.
- Toutes vos commandes au même endroit. Un KDS de caisse affiche d’abord… les commandes de la caisse. Les plateformes de livraison ou un site de commande en ligne ne sont pas toujours pris en charge, ou passent par des modules supplémentaires.
- Le matériel est souvent imposé dans les packs clé en main, avec des écrans propriétaires plus chers et plus longs à remplacer en cas de panne.
Soyons honnêtes : cette approche a ses contraintes. Deux abonnements, deux interlocuteurs, et une connexion entre les deux outils à vérifier.
Mais le clé en main a un défaut bien plus gênant. Vous ne savez ce que vaut la partie cuisine qu’une fois installée. Et là, vous êtes coincé. Le matériel est imposé. Le KDS fait partie d’un contrat global. S’il manque une fonction, tant pis pour vous.
Un exemple. Il y a quelques jours, un restaurateur nous a contactés sur notre support WhatsApp pour savoir si nous savions gérer l’impression des tickets. Le commercial de son système de caisse lui avait assuré que le KDS de la caisse le faisait… et évidemment, ce n’était pas vrai. Trop tard : il est engagé. Nous avons bien cette fonctionnalité chez TicknCook, mais nous ne pouvons plus rien pour lui.
D’où la seule vraie précaution : essayez avant de signer. En service réel, avec vos commandes et votre équipe. Une démo de trente minutes avec un commercial ne dit rien.
Comment les commandes arrivent jusqu’à l’écran en cuisine
Un écran cuisine n’a d’intérêt que s’il reçoit les commandes tout seul, au moment où elles sont passées. Avant tout le reste, vérifiez donc comment les commandes arriveront.
Le cas idéal : une intégration directe avec votre caisse. Les commandes, les modifications (« sans oignon », un supplément) et les annulations remontent automatiquement. Demandez depuis combien de temps l’intégration existe et combien de restaurants l’utilisent. Une intégration « en cours de développement » reste encore à tester.
La réalité du marché : toutes les caisses ne sont pas connectables. Certains éditeurs ne donnent pas accès à leurs données, notamment parce qu’ils vendent leur propre KDS. Il faut le savoir avant de tomber amoureux d’une solution.
Les plateformes de livraison : une connexion directe à Uber Eats, Deliveroo ou d’autres évite d’avoir une tablette par plateforme sur le comptoir. Des agrégateurs comme HubRise ou Deliverect font aussi ce travail. Attention : eux ne récupèrent que la livraison. Pas les commandes de votre caisse. Pour celles-là, il faut une intégration directe.
Et si votre caisse n’est pas connectable ? Ou si vous ne voulez pas que les commandes soient prises depuis votre système de caisse ? Il reste une solution de repli : certains KDS proposent leur propre outil de prise de commande, relié directement aux écrans. C’est le cas de TicknOrder, gratuit, chez TicknCook. Il faut alors saisir la commande deux fois (en caisse pour l’encaissement, puis dans l’outil pour la cuisine). Ce n’est pas l’idéal. Mais pour beaucoup de cuisines, c’est déjà bien mieux que des tickets papier qui se perdent.
L’écran à l’épreuve d’un service en restauration
Pendant une démo, tout a l’air lisible. Le vrai test, c’est un écran lu à un mètre, avec les mains dans la farine et quinze commandes en cours. Regardez surtout :
- la lisibilité à distance : taille des caractères, contrastes, modifications bien visibles ;
- le temps d’attente affiché sur chaque commande, avec un changement de couleur quand elle prend du retard ;
- le regroupement des articles : voir « 12 smash burgers » d’un coup plutôt que douze lignes éparpillées dans huit commandes change la vie sur les gros volumes ;
- la répartition par poste : le grill ne voit que les viandes, le poste froid que les salades, et le passe garde la vue d’ensemble ;
- l’adaptation à votre service : suites pour le service à table, séparation cuisine et comptoir en restauration rapide, écran pour les clients ou les livreurs si vous faites du retrait ou de la livraison.
Le matériel
Certaines solutions imposent leur matériel, ou ne sont utilisables que sur iOS. D’autres fonctionnent dans un simple navigateur web, sur n’importe quelle tablette ou écran tactile (Android, iPad, Windows). La deuxième option coûte moins cher au départ et vous dépanne plus vite : une tablette qui lâche un vendredi soir se remplace le samedi matin. Et surtout, vous pouvez avoir de grands écrans en cuisine.
Quelques repères :
- une tablette de 11 à 13 pouces pour un poste de travail ;
- un écran de 19 pouces ou plus pour un écran lu de loin ou fixé au mur ;
- un support mural ou articulé, à ne pas négliger : l’écran doit libérer le plan de travail et rester à l’abri des éclaboussures ;
- une connexion internet fiable en cuisine : en wifi, ou encore mieux, branchée directement avec un câble RJ45.
Pour des exemples de modèles et de prix, vous pouvez consulter notre guide du matériel.
Le prix
Comparez toujours le coût total sur un an, pas seulement le montant mensuel affiché :
- l’abonnement : facturé par écran, par point de vente, avec ou sans engagement ?
- les frais d’installation ou de paramétrage ;
- les options payantes : certaines offres facturent séparément les statistiques ou chaque intégration ;
- le matériel : acheté librement ou imposé par l’éditeur ;
- dans un pack clé en main, la part réelle du KDS dans le prix global, souvent difficile à isoler.
Pour un restaurant indépendant, comptez de quelques dizaines à une centaine d’euros par mois selon le nombre d’écrans. Chez TicknCook, ça commence à 29 € HT (voir les tarifs). Ajoutez 130 € à 800 € par tablette selon la gamme.
La prise en main et le support
Un écran cuisine qui demande une formation d’une journée ne tiendra pas dans une cuisine où l’équipe change souvent. Pendant l’essai, faites le test : confiez l’écran à quelqu’un qui ne l’a jamais vu. S’il comprend en quelques minutes comment marquer une commande prête, c’est bon signe.
Côté support, posez une question simple : qui répond un samedi soir à 20 h ? Un problème en plein service ne peut pas attendre un e-mail traité le lundi. Préférez un support joignable pendant vos heures d’ouverture, par téléphone ou messagerie, avec de vraies personnes qui connaissent la restauration.
Le changement, ça se prépare
C’est le point que tout le monde sous-estime. Passer du papier à l’écran, ce n’est pas seulement changer d’outil : c’est changer des habitudes prises depuis des années. Certains cuisiniers travaillent avec des tickets depuis vingt ans. Il est normal qu’ils ne soient pas convaincus le premier jour.
Ce qui marche, d’après ce qu’on observe chez les restaurants qu’on accompagne :
- impliquer l’équipe dès le choix : faites-leur tester les solutions, ce sont eux qui vont s’en servir ;
- désigner un référent en cuisine, la personne vers qui les autres se tournent en cas de doute ;
- commencer par un poste, souvent le plus chargé, avant d’équiper toute la cuisine ;
- garder l’imprimante branchée quelques jours pour rassurer tout le monde ;
- choisir un moment calme pour démarrer, pas le week-end de la fête des mères ;
- laisser du temps : comptez souvent quelques semaines avant que l’écran devienne un réflexe.
Les premiers services peuvent être un peu plus lents. C’est normal. Ce qui compte, c’est la tendance au bout d’un mois.
📄 Toutes ces questions sont dans notre fiche. Plutôt que de tout noter sur un coin de table, remplissez notre cahier des charges : canaux, postes, parcours d’une commande, équipe, matériel, budget, questions aux éditeurs et grille de comparaison des solutions.
La checklist avant de signer
- J’ai écrit mon cahier des charges : canaux de commande, postes, type de service, budget, échéance.
- J’ai comparé un KDS inclus dans ma caisse et une solution spécialisée, en connaissant les limites de chacun.
- J’ai testé la solution en service réel avant de signer.
- Mes commandes arrivent automatiquement, ou je connais la solution de repli et ce qu’elle implique.
- L’écran est lisible à distance, avec le temps d’attente et la répartition par poste.
- Je peux utiliser le matériel de mon choix, ou j’accepte celui qu’on m’impose en connaissance de cause.
- Je connais le coût total sur un an.
- Le support est joignable pendant mes services.
- J’ai prévu du temps pour accompagner mon équipe.
FAQ
Faut-il un écran tactile ?
C’est fortement conseillé : l’équipe marque les commandes comme prêtes d’un simple appui, sans clavier ni souris. Une tablette tactile standard suffit dans la plupart des cas.
Quelle taille d’écran choisir pour la cuisine ?
De 11 à 13 pouces pour un poste de travail, 19 pouces ou plus pour un écran lu à plus d’un mètre ou fixé au mur.
Le KDS de ma caisse suffit-il ?
Pour une cuisine simple avec un seul poste et peu de canaux de commande, souvent oui. Dès que vous avez plusieurs postes, de la livraison ou un service à table avec des suites, comparez-le avec une solution spécialisée.
Mon logiciel de caisse n’est pas compatible, que faire ?
Il vous reste deux pistes. Demander à votre éditeur de caisse s’il prévoit une intégration. Ou passer par un outil de prise de commande relié aux écrans. Vous saisissez deux fois, mais la cuisine est organisée.
Peut-on garder une imprimante ?
Oui, beaucoup de restaurants en gardent une pour les étiquettes de livraison ou les tickets de suite.
Combien de temps pour que l’équipe s’habitue ?
L’utilisation de base se comprend en un service. Pour que l’écran devienne un vrai réflexe et que plus personne ne réclame l’imprimante, comptez plutôt quelques semaines.
Vous voulez voir à quoi ressemble un écran cuisine en service réel ? TicknCook se teste gratuitement pendant 15 jours, avec vos commandes et votre équipe. Essayer TicknCook
📄 Votre cahier des charges, prêt à remplir
Les 10 sections de cette fiche reprennent tout ce qu'on vient de voir, avec la place pour écrire vos réponses. Remplissez-la avec votre équipe de cuisine, puis envoyez-la aux éditeurs que vous consultez. Gratuit, un seul champ à remplir.

